—Et ma fille!... bégayait-il, Flavie!... Que va-t-elle devenir?... Plus de fortune, plus rien, et elle est mariée à un misérable incapable de gagner seulement sa vie à lui!... Ma fille! ô mon Dieu! aura-t-elle toujours du pain!...
Le commissaire de police s'était transporté près du docteur Hortebize; M. Lecoq restait seul avec le duc de Champdoce, Paul et Flavie.
La malheureuse jeune femme avait vu s'éloigner son père sans avoir même la force de prononcer une parole. Elle gisait, anéantie, sur un fauteuil, et l'éclat effrayant de ses yeux trahissait l'égarement de sa pensée. Elle ne pouvait croire à la réalité de l'horrible scène qui venait de se passer.
Pendant un instant le célèbre policier le regarda d'un air de compassion qui certes n'était pas joué. Il hésitait à parler. Il lui répugnait de frapper d'un coup nouveau et plus terrible que tous les autres, cette pauvre enfant qui était innocente, et qui devait être la plus cruellement atteinte.
Mais le temps pressait, il s'approcha du duc de Champdoce, qui était comme pétrifié de surprise.
—Je dois vous prévenir, monsieur le duc, dit-il, que vous êtes victime d'une odieuse supercherie. Ce jeune homme n'est pas votre fils. Il se nomme Paul Violaine, et sa mère était une pauvre ouvrière de Châtellerault.
Si atterré que fût Paul, il essaya de soutenir son rôle, il voulait nier, il prétendait se défendre... Mais sur un signe de M. Lecoq, un agent introduisit une dame en toilette éblouissante: Zora-Rose...
Le jeune imposteur ne lui laissa pas le temps de prononcer un mot: