—Je dirais oui, reprit-elle, que cela ne servirait de rien. M. de Mussidan a décidé que Sabine serait la femme de M. de Breulh-Faverlay. Je ne suis pas la maîtresse.
—Vous pouvez tout sur votre mari, et si vous le voulez bien...
La comtesse, à plusieurs reprises, secoua tristement la tête.
—Autrefois, dit-elle, c'est vrai, j'ai régné en souveraine sur le cœur et sur l'esprit d'Octave, j'ai été l'arbitre de ses volontés. Il m'aimait alors, et depuis! Ne vous ai-je pas dit que j'ai été insensée. J'ai lassé un amour si robuste qu'il semblait devoir être éternel. J'ai rendu tout retour impossible, et maintenant...
Elle s'arrêta, comme confondue de ce qu'elle allait dire, et ajouta:
—Maintenant, je ne suis plus qu'une étrangère pour M. de Mussidan. Et je ne puis me plaindre, je l'ai voulu... il est, lui, juste et bon.
—On peut toujours essayer, gagner du temps...
—J'essayerai, docteur. Mais, Sabine! qui nous dit que Sabine n'aime pas M. de Breulh?
—Oh! madame, une mère a toujours une influence telle...
D'un geste violent, la comtesse saisit la main du docteur, et la serrant à lui faire mal: