André sortit, se tenant aux murs. Il lui semblait que le parquet, sous ses pas, oscillait comme le pont d'un navire. Ses idées tourbillonnaient comme la feuille sèche au gré de l'ouragan; il n'y voyait plus.
Mais, dans le grand vestibule qui précède le salon, il sentit qu'on lui prenait la main. Il fit un effort pour ressaisir sa pensée; il parvint à regarder, à voir.
Plus immobile, plus blanche et plus glacée qu'une statue, Sabine était devant lui.
—J'étais là, monsieur André, dit-elle, j'ai tout entendu!
—Oui, balbutia-t-il, c'est fini, on m'a chassé, je pars.
—Où allez-vous?
—Eh!... le sais-je? répondit-il, avec un geste d'horrible résignation, je vais obéir, je sortirai d'ici, et puis... j'irai, je marcherai.
Il sentait la folie envahir son cerveau, il voulut s'éloigner, Sabine le retint.
—Vous désespérez donc? demanda-t-elle.
Il la regarda avec des yeux qui lui firent peur et d'une voix éteinte répondit: Oui.