C'était là ce qu'avait voulu, prévu et préparé B. Mascarot.
Le chirurgien qui se décide à une périlleuse opération commence par affaiblir son malade. Avant d'entreprendre sérieusement un sujet, l'ami d'Hortebize s'applique à briser les derniers ressorts de sa volonté. Or, Paul en ce moment, ne s'appartenait plus. Il gisait là, éperdu, anéanti, inerte, ne voyant d'autre issue que le suicide à la plus épouvantable des situations.
Le moment était venu de frapper les derniers coups.
—Voyons, mon enfant, commença le placeur, il ne faut pas vous désespérer ainsi.
Pas de réponse. Paul entendait-il ou non? A coup sûr, il semblait hors d'état de comprendre.
Mais le digne placeur voulait qu'il entendît et comprît. Il allongea le bras et le secoua assez rudement.
—Morbleu!... disait-il, où donc est votre courage? C'est dans les situations difficiles qu'un homme fait ses preuves.
—A quoi bon!... gémit Paul. Ne venez-vous pas de me démontrer que jamais je ne réussirai à établir mon innocence?
Cette faiblesse impatienta terriblement B. Mascarot, mais il dissimula.
—Non, répondit-il, non. J'ai tenu simplement à vous exposer les côtés fâcheux de votre affaire.