Vers 1850, cet homme intelligent, établi tailleur au centre de sa ville natale, coupait dans des draps achetés à crédit ces vastes habits et ces redingotes monumentales qui prêtent aux bourgmestres de Rotterdam une dignité si particulière.
Le métier ne lui réussit pas.
Déclaré en faillite après des opérations troubles, il fut forcé de fermer boutique et de fuir pour échapper à la rancune de ses créanciers.
A Paris, ce centre fiévreux de toutes les concurrences, il semblait destiné à mourir de faim. Point.
On le vit, un matin, louer, rue de Grammont, un appartement de 26,000 francs par an, écrire fièrement sur deux plaques de marbre, de chaque côté de la porte:
VAN KLOPEN
Tailleur pour Dames
Puis, dans ses réclames, répandues à profusion, il se déclarait le «régénérateur des modes», et se décernait le titre «d'arbitre souverain des élégances féminines» et de «couturier des reines».
Quel audacieux avait déposé le germe de ces idées au fond de la cervelle de l'épais Hollandais? Quels capitalistes lui fournissaient les fonds? Il ne l'a jamais dit.
Le fait est que, pour commencer, la tentative eut peu de succès.
Un mois durant, Paris se tint les côtes en songeant aux bouffonnes prétentions du «Régénérateur de Rotterdam».