—D'abord, mon petit Klopen, si je n'ai pas ma robe pour mardi, je me meurs!...
L'hiver, les soirs de grandes fêtes, les équipages font queue dans sa rue.
Entre neuf heures et minuit, deux cents femmes prennent d'assaut sa maison, jalouses de se faire attacher la dernière épingle de la main du maître, ambitieuses de son sourire approbateur.
Lui, grave, froid, impassible, le cigare aux dents quelquefois,—tout lui est permis,—il regarde défiler le brillant escadron. Il est sobre d'éloges. Il sait qu'un «très bien» de sa bouche enivre l'élue et désole vingt rivales.
Mais il a su s'attacher sa clientèle par des liens moins fragiles que ceux de la vanité.
Quand il a pris ses renseignements, si on lui offre des garanties sérieuses, il fait crédit.
Oui, il donne à crédit non seulement ses façons, mais encore les étoffes. Au besoin, il ferait entendre raison à des fournisseurs récalcitrants; à la rigueur, il prête de l'argent.
Aussi, en ces jours de sarabande furieuse de l'anse du panier conjugal, le tailleur pour dames est la terreur des maris.
Honnêtes maris! Ils dorment sur les deux oreilles, ils admirent l'ordre, l'économie, le savoir faire de leur femme, et, tout à coup, atroce réveil, le flegmatique Hollandais apparaît une facture de 20,000 francs à la main.
Que faire? Payer.