—N'importe! allez, et même poussez-la!

Nouveau signe sur le registre.

—Du 7: Demande d'ouverture de compte de Mlle Flavie Martin-Rigal; une nouvelle cliente, la fille du banquier, sans doute.

A ce nom, Paul tressaillit; mais l'estimable négociant ne sembla pas y prendre garde.

—Mon compère, fit-il du ton le plus sérieux, retenez bien ce nom. Quoi que vous demande cette jeune fille, fût-ce votre maison entière, c'est d'avance accordé. Et surtout, le plus profond respect. La moindre irrévérence vous causerait des désagréments. Elle est dans votre salon, aussitôt après mon départ vous la ferez entrer.

A l'air surpris du couturier, il était aisé de voir que Mascarot n'abuse pas de ce genre de recommandation. Paul n'était pas moins ébahi pour d'autres motifs.

—Vous serez obéi, monsieur, répondit Van Klopen. A la date du 8, un jeune monsieur, Gaston de Gandelu, m'est présenté par M. Luper, le bijoutier. Son père est très riche, dit-on, et personnellement il doit recueillir à sa majorité, qui est proche, un héritage considérable. Ce jeune homme demande un crédit de quinze ou vingt mille francs pour une jeune dame.

Le placeur dissimula un sourire. Par-dessous ses lunettes, il observait son protégé. Paul ne bougeait pas. Ce nom de Gandelu ne lui apprenait rien.

—La dame, poursuivait le couturier, m'a été présentée hier. Elle s'appelle soi-disant Zora de Chantemille. Le fait est qu'elle est furieusement jolie.

B. Mascarot réfléchissait.