Machinalement, la jeune fille s'approcha de la fenêtre, regarda et poussa un cri de joie.
Elle venait de voir M. de Breulh-Faverlay descendre d'un phaéton qu'il conduisait lui-même malgré le froid.
—Dieu m'a entendue, murmura-t-elle; le plus pénible de mon entreprise m'est épargné.
—Quoi! mademoiselle, demanda la dévouée Modeste, vous allez parler à M. de Breulh ici?
—Oui. Ma mère n'est pas habillée, on n'ira pas avertir mon père dans la bibliothèque sans un ordre exprès; en arrêtant M. de Breulh au passage et en le faisant entrer au salon, j'ai un quart d'heure à moi; c'est plus qu'il ne faut.
Rassemblant alors tout son courage, triomphant de ses dernières hésitations, elle sortit.
Certes André eût le droit de s'enorgueillir d'être préféré, lui, le pauvre peintre, l'enfant trouvé, à l'homme que le comte de Mussidan avait choisi entre tous pour sa fille unique.
M. de Breulh-Faverlay est un des dix hommes dont Paris s'inquiète en dehors du monde officiel.
Il semble que la fortune ait pris plaisir à vider sur sa tête le trésor de ses faveurs.
Il n'a pas quarante ans; il est remarquablement bien de sa personne, son intelligence est supérieure, on redoute son esprit; enfin, il est un des plus riches propriétaires de France.