Voilà ce que savait le monde sur l'homme qui allait tenir entre ses mains les destinées d'André et de Mlle de Mussidan.
Il venait d'entrer dans le vestibule, et il allait adresser la paroles aux valets de pied qui s'étaient levés à son approche, lorsque apercevant Sabine sur les dernières marches de l'escalier, il salua profondément.
La jeune fille vint droit à lui.
—Monsieur, dit-elle, si émue que sa voix était à peine intelligible, monsieur, je vous demanderai de m'accorder un moment d'entretien. Je voudrais vous parler, à vous seul... sur-le-champ.
M. de Breulh s'inclina profondément sans rien laisser voir de son étonnement.
—Ce m'est un grand honneur, mademoiselle, répondit-il, d'avoir à me mettre à vos ordres.
Sur un signe de Sabine, un des valets de pied avait ouvert la porte de ce même salon où le docteur Hortebize avait vu presque à genoux l'orgueilleuse comtesse de Mussidan.
La jeune fille entra la première, peu soucieuse de l'opinion et conjectures des domestiques.
Elle n'offrit point de siège à M. de Breulh.
Debout, près de la cheminée, elle s'appuyait à la tablette, comme si elle eut craint d'être trahie par ses forces.