—Mademoiselle... commença-t-il.

Sabine l'interrompit.

—C'est un grand service, dit-elle, que j'implore de votre générosité. Il dépend de vous de m'épargner de cruels chagrins...

Elle eut un sourire triste et ajouta:

—J'ai conscience de ne vous demander qu'un léger sacrifice. C'est à peine si j'ai l'honneur d'être connue de vous, je ne puis que vous être bien indifférente.

La physionomie de M. de Breulh trahissait une profonde souffrance.

—Vous vous trompez, mademoiselle, prononça-t-il d'une voix grave, et vous me jugez mal. J'ai passé l'âge des déterminations prises à la légère. Si j'ai sollicité votre main, c'est que j'ai su apprécier comme il convient les nobles qualités de votre cœur et de votre esprit. Je crois qu'il sera heureux entre tous, celui dont vous daignerez accepter le nom.

Mlle de Mussidan ouvrait la bouche pour répondre, mais déjà M. de Breulh poursuivait:

—En quoi vous ai-je déplu assez pour être ainsi repoussé? Je l'ignore. Seulement, mademoiselle, sachez-le bien, c'est un malheur dont je ne me consolerai de ma vie.

La sincérité de la douleur de M. de Breulh était si évidente, que Sabine en fut émue.