—Au fait!... interrompit-il d'un ton bref et dur, que se passe-t-il?

—Il arrive, gémit M. de Clinchan, qu'on sait l'histoire des bois de Bivron. Une lettre anonyme, reçue il y a une heure, me prédit les plus épouvantables malheurs, si je ne t'empêche de donner ta fille à de Breulh... Ah!... les coquins qui m'écrivent connaissent la vérité, et ils ont des preuves.

—Où est cette lettre?

M. de Clinchan tira de sa poche cette lettre. Elle était explicite et menaçante autant que possible, mais elle n'apprenait rien à M. de Mussidan qu'il ne sut déjà.

—As-tu vérifié ton journal? demanda-t-il à son ami. Y manque-t-il véritablement trois feuillets?...

—Oui.

—Comment a-t-on pu te les enlever?

—Ah!... comment? C'est ce que je ne puis m'expliquer, et si tu peux me le dire...

—Es-tu sûr de tes domestiques?

—Eh! ne sais-tu pas que Lorin, mon valet de chambre, est à mon service depuis seize ans, qu'il a été élevé chez mon père, et que je l'ai façonné à ma ressemblance? Jamais aucun autre de mes domestiques n'a mis le pied dans mes appartements. Les volumes de mon journal sont déposés dans un meuble de chêne dont la clé ne me quitte jamais.