—Je serais bien surpris.
Le digne placeur ouvrit un de ses tiroirs, en sortit un petit registre qu'il feuilleta et le présenta à son associé en disant:
—Regarde alors, car voici l'état exact de ta fortune à la fin du mois de décembre de l'année dernière. Depuis, tu as fait divers achats par l'intermédiaire de M. L... Je ne les ai pas portés en compte, mais j'en ai la note. Dois-je te la montrer?...
Pour le coup, l'impassible visage de Catenac exprima quelque chose! Il se redressa furieux. Ses yeux lançaient des éclairs.
—Eh bien! oui! s'écria-t-il, oui! j'ai douze cent mille francs de fortune, et c'est pour cela que je ne veux plus d'association. Oui, j'ai soixante mille livres de rentes, c'est-à-dire soixante mille bonnes raisons pour ne pas me compromettre, et je ne me compromettrai pas. Ah!... vous êtes jaloux! Est-ce donc ma faute si nos conditions sont devenues inégales? N'étais-je pas comme vous sans un sou quand nous avons commencé! Ma vie n'a pas été la vôtre, voilà tout. Vous dépensiez sans compter, moi j'économisais. Vous ne songiez qu'au présent, je pensais à l'avenir. Hortebize faisait tout pour chasser ses clients, je m'épuisais en efforts pour attirer les miens. Et maintenant, parce que je suis riche et que vous n'avez rien, il me faudrait subir vos exigences!... Allons donc. Quand je touche au but de mon ambition, il me faudrait revenir en arrière avec vous! Jamais. Suivez votre chemin, je suis le mien, je ne vous connais plus.
Il se levait déjà et prenait son chapeau; un geste du placeur l'arrêta.
—Si je te disais, insistait Mascarot, que tu nous es utile, indispensable!...
—Je répondrais: Cela est fâcheux pour vous.
—Si cependant nous voulions bien...
—Quoi?... Me contraindre? Comment? Vous me tenez, mais je vous tiens. Vous ne pouvez rien contre moi que je ne puisse contre vous. Essayer de me perdre serait vous perdre.