Il reconnaissait avec un mortel désespoir son impuissance absolue. La moindre de ses démarches pouvait compromettre celle qui lui avait confié son honneur.

Il se leva, cependant, et alla se poster près de la grille de l'hôtel de Mussidan. Il espérait que l'aspect seul de l'hôtel lui apprendrait quelque chose. Il lui semblait que si véritablement Sabine était mourante, les pierres elles-mêmes le lui crieraient.

Triste folie! La maison était comme perdue dans le brouillard, et il ne distinguait même pas quelles fenêtres étaient éclairées...

La voix de la raison lui disait de se retirer, d'espérer, d'attendre...

Plus impérieuse et plus pressante, la voix de la passion lui criait:—Reste!...

Et il s'obstinait à rester. Pourquoi? Il ne savait. Il lui semblait que Modeste, lui ayant écrit, devait deviner qu'il était là, dévoré par les plus horribles angoisses, et qu'elle allait sortir, le chercher...

Mais voici que, tout à coup, il eut un cri de joie. Une idée de salut, pareille à l'éclair rayant la nuit, venait d'illuminer son cerveau.

—M. de Breulh!... s'écria-t-il. Ce que je ne puis, il le peut, lui; il lui est facile d'envoyer prendre des nouvelles!...

Par bonheur, il avait dans sa poche la carte du généreux gentilhomme, tant bien que mal il déchiffra l'adresse et s'élança, comme un trait, dans la direction indiquée.

M. de Breulh-Faverlay occupe, avenue de l'Impératrice, un bel hôtel où il est fort mal, assure-t-il, et pour cent raisons. Mais ses chevaux y ont de l'air, de l'espace, ils y sont très bien... et il y reste.