—Je ne puis. Et, tenez, si vous êtes charitable, ne me demandez pas mes raisons. D'abord, je vous mentirais... De plus, je vous conjure de ne parler à personne de ma démarche.
Si oppressée de curiosité que fût la jeune femme, elle n'interrogea pas.
—Soit, répondit-elle, je respecte votre secret. Seulement, vous pensez bien que j'irai moi-même chez Octave. Je partirais à l'instant, n'était que Bois-d'Ardon, qui ne peut souffrir de manger seul, me gronderait. Mais en sortant de table, je me mets en route.
—Merci, mille fois merci. Cela étant, je rentre chez moi attendre un mot de vous.
—Chez vous? Oh!... pour cela, non. Vous dînez ici.
—Impossible, un de mes amis m'attend en bas.
A l'accent de M. de Breulh, la vicomtesse comprit qu'insister serait parfaitement inutile; elle se tint pour battue, elle se promettait bien de prendre sa revanche. Elle flairait vaguement une énigme et elle se jurait de la déchiffrer.
—Puisque c'est ainsi, fit-elle du ton le plus détaché, je vous promets une lettre dans la soirée... Et maintenant, allez vite rejoindre votre ami.
M. de Breulh serra affectueusement la main de la jeune femme et se hâta de descendre.
Dès qu'il sortit de la maison, André courut à lui.