De par son extrait de naissance, il s'appelle Isidore Crocheteau, mais il a adopté et conservé le nom de sa ville natale.
Vers 1845, Perpignan, qui, à cette heure frise la cinquantaine, eut des malheurs.
Chef des cuisines d'un restaurant à 32 sous, du Palais-Royal, il fut pris en flagrant délit de tripotages avec des fournisseurs, traduit en police correctionnelle et condamné à trois ans.
Mais à quelque chose malheur est bon.
C'est pendant ces trois années de prison qu'il conçut le plan de sa grande affaire qui devait, pensait-il, l'enrichir sans dangers.
Huit jours après sa libération, il faisait imprimer et lançait son prospectus, dont voici l'exacte copie:
I.-C. PERPIGNAN
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Informations et Recherches
Surveillances privées
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DISCRÉTION
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«MONSIEUR,
«Il n'est personne qui, en sa vie, n'ait ressenti le besoin d'un agent habile et discret à qui confier certaines investigations, délicates de leur nature et mystérieuses.
«Les créanciers dont les débiteurs se cachent, les pères que préoccupe la conduite d'un fils prodigue, les familles désireuses de connaître les habitudes d'un de leurs membres, tous ceux, en un mot, qui voudraient faire exercer des investigations morales ou des recherches judiciaires, peuvent s'adresser en toute sécurité à M. Perpignan, dont l'habileté comme observateur est reconnue, et dont l'honorabilité est au-dessus du soupçon.