—Cela t'apprendra, prononça Poluche, à faire attention une autre fois à ce que je dis. Quand tu auras fini de brailler, nous recommencerons. Et si ça va aussi mal, tu sais, pas de soupe ce soir. Te voilà prévenu. Allons, au lieu de braire comme une âne, ouvre les yeux et les oreilles, et regarde faire tes voisins. A toi, Giuseppe.

Quoique plus jeune de deux ou trois ans que Ascanio, Giuseppe était bien autrement fort sur le violon.

Il répéta sans se tromper le refrain entier:

Ah!... mon Dieu!... mon Dieu!... qu'il est beau!
Le château de la Margueri... i... ite...

—Pas mal, approuvait Poluche, qui, lui aussi, s'escrimait de l'archet, pas mal du tout!... Encore deux ou trois jours de bonne volonté, et tu sortiras. Hein!... tu seras content de sortir?

—Oh!... oui, monsieur!... répondit l'enfant d'un air ravi, je rapporterai, moi aussi, des petits sous.

Mais le consciencieux professeur ne gaspille pas en conversations vaines le temps précieux des leçons.

Il se retourna vers un autre de ses élèves en criant:

—A Fabio!... et en mesure!...

Fabio, un tout petit, petit garçon de sept ans au plus, à la mine futée, à l'œil noir et éveillé comme celui d'une souris, ne s'empressa pas d'obéir.