—Plût à Dieu! s'écria-t-il, que j'enseignasse l'art sublime! Les premiers principes, si arides, auraient des charmes pour mon cœur. Mais non!... le patron ne le veut pas, il me l'a déclaré. S'il découvrait ici grand comme la main de papier réglé, il me chasserait...
—Cependant, tout à l'heure.
—Je serinais, monsieur, répondit Poluche, humilié et navré, je serinais...
—Ah!
—C'est comme cela. Vous n'êtes pas, j'imagine, sans avoir entendu parler de ces vieilles femmes, propriétaires d'une serinette, qui, à raison de vingt centimes le cachet, vont à domicile donner des leçons aux serins? On les appelle des serineuses.
Non: le père Tantaine ne connaissait pas cette industrie, il le confessa en toute humilité.
—Eh bien!... reprit le professeur avec un sourire amer, cette profession est la mienne. Au lieu de seriner des oiseaux je serine des moutards. Ce n'est pas de mon côté qu'est l'avantage. Triste tâche, monsieur, pour un homme d'imagination. Il y a des jours où j'envie le sort des gens qui se sont voués à l'éducation des perroquets. Ah! quelle patience, quelle patience!
Sur ce mot, le doux clerc d'huissier ne put s'empêcher de montrer du bout du doigt l'énorme cravache déposée sur la chaise.
—Et ceci! demanda-t-il.
Poluche haussa les épaules.