Ne serait-il pas reconnu, lui aussi, par quelque camarade oublié, qui au moment du triomphe le montrerait du doigt et crierait:
—Arrêtez!... Celui-ci est Paul Violaine, de Poitiers, le fils de la petite mercière de la rue des Vignes.
Que ferait-il alors, que répondre? Aurait-il sur les émotions poignantes d'un tel moment assez de puissance pour payer d'audace, pour regarder, d'un œil riant cet accusateur en lui disant:
—Vous vous trompez, je ne vous connais pas.
Il ne se sentait pas cette impudence imperturbable, et la conviction de n'être pas à la hauteur de son rôle ajoutait à son effroi.
S'il n'eût pas été engagé déjà, s'il eût su que devenir, où aller, comment vivre, il eût pris la fuite.
Le pouvait-il?
Hélas! bien que fort inexpérimenté, il comprenait que des gens comme le placeur, comme Hortebize et comme Tantaine ne sèment pas leurs secrets au hasard. Ils lui avaient fait, à eux trois, assez d'étranges confidences pour lui bien prouver qu'ils le considéraient comme absolument en leur pouvoir.
Or, il savait à quoi s'en tenir sur la puissance de B. Mascarot. Il était certain que, quoi qu'il pût faire, il n'échapperait pas à sa vengeance.
Accepter le traité, c'était courir un danger; mais un danger lointain, probable peut-être, mais non pas assuré.