—Bah!... sont-ce des mots aussi, nos confidences à Croisenois?...

L'argument, s'il n'ébranla pas le docteur, le frappa vivement.

—Serait-il donc assez infâme pour nous trahir? fit-il.

—Pourquoi non, si c'est son intérêt évident? Réfléchis et juge: Croisenois est au bout de son rouleau; nous l'avons ébloui des perspectives d'une fortune princière: à quel parti s'arrêtera-t-il si nous allons lui dire: «Pardon! il n'y a rien de fait; vous êtes dans la misère; restez-y!»

—On pourrait le désintéresser, l'assister.

—Et cela nous conduirait, où? Veux-tu payer ses dettes, dégager son héritage, défrayer son luxe et ses passions? Quelles limites auront ses exigences? Depuis que je lui ai livré le secret de l'association, il nous tient autant que nous le tenons; plus même, car il a moins à risquer. Nous lui avons appris la musique, docteur, il nous ferait joliment chanter.

—Ah!... tu as été bien imprudent.

—Sacrebleu! il faut pourtant se confier à quelqu'un. D'ailleurs, les deux affaires, celle du duc de Champdoce et celle de Sabine, se tiennent. Je les ai conçues ensemble, ensemble elles réussiront ou me craqueront entre les mains.

—Ainsi, tu persistes?

—Plus que jamais.