Paul prit la mine grave et mystérieuse de l'adolescent qu'étouffe son premier secret d'amour.

—Je ne sais trop si j'ai le droit de parler, confiance oblige.

—Diable!... une aventure, déjà!

L'amour-propre de l'élève du placeur s'épanouissait délicieusement.

—Gardez votre secret, mon cher enfant, conseilla le père Tantaine, gardez-le.

C'était bien le moyen de lui délier promptement la langue; le malicieux bonhomme l'avait prévu.

—Oh! monsieur, protesta-t-il, me croyez-vous donc ingrat à ce point d'avoir quelque chose de caché pour vous!...

Il agita triomphalement le papier qu'il tenait à la main, et ménageant autant que possible ses effets, il poursuivit:

—Voici une lettre que m'a remis la concierge lorsque je suis rentré. Elle m'a été apportée par un garçon de banque. Devinez-vous de qui elle peut être? Allez, ne cherchez pas, elle est de mademoiselle Flavie Rigal et ne me laisse aucun doute sur ses sentiments à mon égard.

—Oh!...