—Si ce vieux coquin m'a écouté, pensait-il, je suis perdu.

Et il l'examinait avec toute l'attention dont il était capable, comme s'il eût espéré déchiffrer cette vivante énigme.

Il était trop adroit cependant pour ne pas dissimuler ses inquiétudes. Le moindre silence d'angoisse devait le trahir.

C'est donc avec une gaîté trop bruyante pour n'être pas forcée, qu'il répondit:

—Je vous attendais, bourgeois, et c'est pour vous faire honneur que je me suis mis sur mon trente et un.

—A la bonne heure. C'est gentil, cela.

—Mais oui. Aussi j'espère bien que vous me permettrez de vous offrir quelque chose: un bock, un petit verre, un rien, histoire de trinquer...

Toto s'enhardissait jusqu'à proposer «une politesse» à son bourgeois, cela était prodigieux. Mais il eût osé bien d'autres énormités pour se grandir dans l'opinion des deux amis qu'il croyait avoir écrasés de sa supériorité.

Il s'attendait à voir son invitation rejetée bien loin; il se trompait. C'est fort honnêtement que le vieux clerc s'excusa, et comme d'une offre toute naturelle.

—Je sors de table, répondit-il.