Or, pour B. Mascarot, l'heure de la lutte suprême sonnait. Il allait faire ce pas après lequel on ne peut plus reculer.

Il attendait Catenac, Hortebize et Paul pour leur révéler son plan tout entier. Le premier au rendez-vous fut le docteur Hortebize.

—J'ai reçu les instructions, Baptistin, dit-il dès le seuil, et je t'ai obéi. J'arrive en droiture de l'hôtel de Mussidan.

—Quelle figure y fait-on?

—Triste, mais résignée. Mlle Sabine n'a jamais été d'une gaîté folle; elle est plus grave et plus pâle qu'avant sa maladie, voilà tout.

—As-tu pu te trouver seul avec la comtesse?

—Parfaitement. Je lui ai dit que j'étais harcelé par les gens qui détiennent sa correspondance, qu'elle devait prendre garde. A quoi elle a répondu, avec un soupir à fendre l'âme, que Croisenois épouserait, puisqu'il le fallait; qu'elle était au désespoir, mais qu'elle était assurée du consentement de son mari et de la docilité de sa fille.

Autant le doux Tantaine était démonstratif, autant l'honorable placeur l'était peu. Bien qu'il dût être ravi de ces nouvelles, c'est presque froidement qu'il répondit:

—Ce que j'ai décidé sera. J'ai vu Croisenois ce matin, et s'il m'obéit, et il ne peut faire autrement, nous gagnerons en vitesse André et M. de Breulh. Le marquis sera le mari de Sabine qu'ils en seront encore à guetter la publication des bancs. La noce faite, je me moque d'eux. Quant à notre grande râfle finale, j'ai mûri l'idée de la Société dont Croisenois sera le directeur, et dans huit jours les prospectus seront lancés. Mais aujourd'hui, il ne s'agit que de l'affaire de Champdoce...

Il fut interrompu par l'entrée de Paul, qui arrivait fort timidement, appréhendant fort une fâcheuse réception, après le singulier adieu du père Tantaine...