Elle rejoignait en ce moment la route, elle se retourna cherchant si elle n'apercevrait pas encore Norbert.
Elle l'aperçut à la même place où elle l'avait quitté, dans la même attitude, ne bougeant non plus que les arbres qui l'entouraient.
Le pauvre garçon, lorsque Mlle Diane s'était éloignée, avait senti quelque chose se déchirer en lui. Longtemps il l'avait suivie des yeux, et longtemps après l'avoir perdue de vue, il restait sous le charme et comme en extase.
Quel événement!... Mais ne rêvait-il pas? Etait-elle bien là, tout à l'heure, près de lui, le regardant, lui parlant?...
Une inspiration lui vint qu'il jugea divine. Il pouvait se procurer une preuve de la réalité de ses impressions, et quelle preuve!...
Il s'agenouilla sur le sentier et après de minutieuses recherches, sous un brin d'herbe, il découvrit ce grain de plomb qui avait blessé Mlle Diane. Même, un peu de sang s'était caillé autour...
C'est lentement, perdu dans une rêverie d'une douceur infinie, qu'il regagna le château.
A sa grande surprise, quand il entra dans la cour, il vit la grande porte ouverte, et, sur le perron, son père qui lui cria dès qu'il parut:
—Enfin, vous voici; vite, hâtez-vous, que je vous présente à notre hôte.