—Dites!... monsieur le duc, répondit-elle nonchalamment.

—Eh bien! mademoiselle, puisque vous tenez à le savoir, j'ai trouvé pour Norbert une jeune fille dont un prince souverain envierait la main. Elle a votre âge à peu près, elle est belle, gracieuse, spirituelle, riche...

—Elle est très noble, sans doute?

Cette ironie fit bondir l'entêté gentilhomme.

—Quinze cent mille francs de dot, répondit-il durement, valent bien quelques merlettes ou même une tour d'argent sur champ d'azur...

C'étaient les armes des Sauvebourg. Le duc s'arrêta, pour mieux souligner sa méchanceté, et bientôt reprit:

—Outre cette fortune, elle a encore des espérances solides, qui ne sauraient lui échapper, et qui s'élèvent au triple ou au quadruple. Cette héritière, qui me convient à moi, mon fils prétend la refuser!... c'est ce que je ne tolérerai pas.

—Et vous aurez raison, monsieur le duc, si vous croyez vraiment que ce mariage doive assurer le bonheur de votre fils.

—Son bonheur!... Eh! que m'importe, si j'assure la suprématie de notre maison. Le nom avant tout. Tenez pour sûr que jamais un Dompair de Champdoce n'est revenu sur une décision prise, et j'ai décidé, moi, que Norbert accepterait la femme que je lui destine. Oui, jarnidieu! il l'épousera, de gré ou de force, je l'ai juré, je le veux, je le lui ai dit.

La souffrance de Mlle Diane était atroce, mais son indomptable orgueil la soutenait et la poussait en avant.