—Ainsi, mon fils, ce sont là les inspirations de la solitude? Quels sont donc vos projets, vos espérances?
—Je veux, je prétends être libre.
Si nette et si décisive que fût la réponse, M. de Champdoce ne voulut pas l'entendre.
—A votre résistance obstinée, reprit-il, j'avais cru reconnaître les perfides conseils d'une femme décidée à tirer profit de votre inexpérience, et qui, pour s'emparer plus sûrement de vous, caressait votre orgueil et vos passions mauvaises.
Il s'interrompit, attendant un mot; il ne vint pas.
—Cette femme, que je soupçonnais, poursuivit-il, je l'ai cherchée, et, comme bien vous pensez, je l'ai trouvée. J'arrive du bois de Bivron. Faut-il vous dire que j'y ai rencontré Mlle Diane de Sauvebourg?
—Et... vous lui avez parlé?
—Oui. Je lui ai dit ce que je pense de ces aventurières qui poursuivent de leurs agaceries les dupes qu'elles se proposent d'exploiter.
—Mon père!
—Quoi!... Vous seriez-vous laissé prendre aux beaux semblants d'amour de cette demoiselle? Je vous croyais plus perspicace. Ce n'est pas à vous, marquis, qu'elle en veut, la fine mouche, mais bien à notre fortune et à notre nom. Mais je suis là, moi, jarnidieu! et je lui ai appris, si elle l'ignorait, qu'il y a des maisons où on enferme les femmes qui détournent les jeunes gens!...