—Imaginez-vous un coup d'assommoir sur la tempe: voilà l'effet. Dix secondes et c'est fini. Pas un cri, pas une convulsion, pas un hoquet, rien...

—Rien.

—Et pas d'apprêts. Une pincée suffit. On la laisse tomber dans n'importe quel liquide, dans du vin ou dans du café de préférence, elle est dissoute avant d'arriver au fond du vase. Et rien ne trahit sa présence. Elle n'altère ni la couleur, ni la saveur, ni le parfum...

—Mais on cherche... on retrouve.

—A Paris et dans quelques grandes villes, quelquefois. Au fond des campagnes, rarement. Jamais nulle part quand il n'y a pas déjà des soupçons. Si on cherchait...

—Eh bien?

—On retrouverait et on constaterait les symptômes d'une apoplexie foudroyante. Il y a peut-être, en France, quatre médecins capables de distinguer une différence... et encore!

Mlle de Sauvebourg avait pris une chaise et s'était rapprochée de Dauman. Ils se parlaient d'oreille à oreille, pour ainsi dire, d'une voix brève et saccadée.

—D'ailleurs, reprit Dauman, ce n'est pas tout que de dire: «Il y a ceci là», il faut prouver qu'on l'y a mis, et chercher qui l'y a mis.

—Oui, peut-être...