—Mon père, je le promets...

—Ces lettres!... interrompit M. de Puymandour d'une voix formidable, où sont-elles? il me les faut, je les veux. Je les aurai quand je devrais faire fouiller toute la maison!...

Contre une telle colère, la pauvre fille était sans force.

Ces lettres chéries, si précieusement conservées, elle les livra.

Il y en avait quatre, réunies et attachées avec une petite faveur bleue. Il en prit une au hasard et commença de lire à haute voix, entremêlant sa lecture d'invectives et d'exclamations:

«Mademoiselle,

«Bien que je ne redoute rien tant que de vous déplaire, j'ose encore, et malgré votre défense, vous écrire. Pardonnez-moi... J'apprends que vous êtes sur le point de quitter Paris pour plusieurs mois.

«J'ai vingt-quatre ans, je suis orphelin et maître de mes actions, j'appartiens à une grande et honorable famille, ma fortune est considérable, et... je vous aime du plus profond et du plus respectueux amour.

«Je viens vous supplier de m'autoriser à demander votre main à M. de Puymandour.

«Mon grand-oncle M. de Sairmeuse, qui a l'honneur de connaître monsieur votre père, serait près de lui mon répondant et mon interprète à son retour d'Italie, ou il est encore pour trois ou quatre semaines au plus.