Florestan sorti, M. de Mussidan se retourna vers l'intrus, et du même ton glacial, dit:

—Expliquez-vous maintenant, monsieur.

M. Mascarot s'est des centaines de fois, exposé à des réceptions fâcheuses, mais jamais il n'avait été reçu ainsi.

Blessé dans sa vanité, car il est vaniteux comme tous ceux qui exercent un pouvoir occulte, il ressentit contre M. de Mussidan le plus violent mouvement de colère.

—Misérable grand seigneur! pensa-t-il, nous verrons bien si tu seras aussi fier tout à l'heure.

Mais son visage ne trahit rien de ses pensées. Son attitude resta servile, son sourire bassement obséquieux.

—Monsieur le comte, commença-t-il, ne peut me connaître, et il me permettra de prendre la liberté de me présenter moi-même. Monsieur le comte a entendu mon nom. Pour ce qui est de ma profession, je suis placeur et aussi agent d'affaires, quand l'occasion se présente.

La volonté, la pratique, ont donné aux imitations de M. B. Mascarot une perfection si rare, que son humilité, son ton de miel, trompèrent absolument son interlocuteur.

M. de Mussidan n'eut pas un soupçon, pas un pressentiment, il ne devina pas sous ces lunettes bleues des regards menaçants.

—Ah! vous êtes agent d'affaires, dit-il d'un air ennuyé. Ce sont alors mes créanciers qui vous envoient vers moi, monsieur...