Un peu après minuit, ayant jeté une mante sur ses épaules (lorsqu'elle se fut assurée que personne, dans la maison, ne bougeait), elle descendit l'escalier à tâtons, les pieds nus, et s'échappa par une porte qui donnait sur la campagne.
Comment elle s'y prendrait pour arriver à Norbert? Elle n'était pas embarrassée. Souvent il lui avait décrit l'intérieur du château de Champdoce, et elle savait qu'il avait sa chambre au rez-de-chaussée, avec deux fenêtres sur la cour. Cela lui suffisait.
Quand elle fut arrivée, elle hésita. Si elle allait se tromper de fenêtre?
Elle se dit qu'elle était trop avancée pour reculer, que si un autre que Norbert ouvrait, elle s'enfuirait, et à tout hasard, elle frappa à un volet, doucement d'abord, puis plus rudement, enfin de toutes ses forces.
Sa mémoire l'avait bien servie. Ce fut Norbert qui ouvrit en demandant:
—Qui va là?...
—C'est moi, Norbert, c'est moi, Diane...
Il l'avait si bien reconnue, qu'il recula en jetant un cri.
Elle profita de ce moment. L'appui de la fenêtre était fort bas; elle y monta hardiment et sauta dans la chambre.
—Que voulez-vous, demandait Norbert d'un air égaré, que venez-vous faire ici?