Ce ne fut cependant pas de ce côté que partit le premier coup qui atteignit la jeune mariée. De ce côté, elle était en garde, et c'est surtout ce qu'on ne saurait prévoir, le hasard, l'impossible, qu'il faut craindre.
Il y avait une douzaine de jours qu'elle était vicomtesse de Mussidan, quand un après-midi, Octave lui proposa une promenade à pied. Elle jeta un châle sur ses épaules, et ils partirent, gais comme des amoureux en vacances.
Ils suivaient le chemin charmant qui tourne le bourg de Bivron, quand tout à coup ils entendirent de grands aboiements dans un taillis qui borde la route.
Un chien de forte taille en sortit presque aussitôt, qui, toujours aboyant, se précipita sur la jeune femme. Elle ne put retenir un cri. Elle reconnaissait Bruno.
L'épagneul, arrivé à elle, s'était dressé, et, appuyant ses pattes de devant sur sa poitrine, avançait son museau fin et intelligent.
—A moi Octave!... balbutia-t-elle.
Mais déjà M. de Mussidan avait écarté l'épagneul.
—Ce chien vous a fait peur, mon amie? demanda-t-il.
—Oui!... une peur affreuse!...
Elle était fort pâle, en effet, et plus tremblante que la feuille. Elle frémissait de cette reconnaissance, des suites qu'elle pouvait avoir. M. de Mussidan, lui, observait les allures de Bruno.