—Le mot n'était pas prononcé, qu'il tombait ayant reçu en pleine poitrine la charge entière du fusil d'Octave...
Comment M. de Mussidan cacha-t-il la vérité à Diane?... Comment ne chercha-t-il pas à savoir ce qu'il y avait au fond des affreuses imputations du Montlouis?...
Il n'osa pas. Il aimait sa femme éperdument, et la passion vraie est capable du toutes les capitulations et de toutes les lâchetés. Il sentait que jamais il n'aurait le courage de se séparer de Diane, qu'il pardonnerait quoi qu'il y eût...
Dès lors, à quoi bon s'éclairer?... Mieux valait le doute qu'une désolante réalité. Le doute! c'est encore une porte ouverte à l'illusion.
Acquitté pat les juges, grâce à l'audacieuse initiative de Ludovic, Octave n'avait pas été absous par sa conscience.
Cette jeune fille, qu'aimait Montlouis, il la fit rechercher et parvint à la découvrir après bien des démarches. Pauvre fille! elle venait de mettre au monde un fils, et chassée par sa famille, elle était près de périr de misère.
Octave la sauva du désespoir, et sans lui dire quelles raisons le guidaient, lui jura qu'il l'aiderait à élever son enfant, qu'elle avait appelé Paul, comme Montlouis.
Quelques jours plus lard, M. et Mme de Mussidan quittaient le Poitou. Plus que jamais Diane souhaitait habiter Paris. Elle avait attiré à son service une ancienne soubrette de Mlle de Puymandour, et cette fille avait été indiscrète. Diane savait qu'avant son mariage, Mlle de Puymandour avait aimé Georges de Croisenois, et elle comptait sur lui pour se venger de Norbert.
XIII
Le mariage de Norbert avec Mlle de Puymandour ne pouvait avoir même un rayon de cette lune de miel fugitive qui luit pour deux êtres étrangers rapprochés par le hasard, et brusquement unis par des convenances de famille.