Évidemment, il faisait, pour paraître bon, affectueux, ému, les plus sincères comme les plus utiles efforts. Ses expressions étaient presque tendres, mais sa voix n'avait rien même d'amical.
—Je sais les devoirs d'une honnête femme, monsieur, fit dignement la duchesse.
Norbert protesta du geste.
—De grâce, chère Marie, interrompit-il, que jamais il ne soit question entre nous de devoir. Les causes de votre isolement, vous les connaissez aussi bien que moi. Les amis de Mlle de Puymandour pouvaient-ils devenir les amis d'une duchesse de Champdoce? Non, vous me l'avez avoué.
—Aussi n'ai-je pas insisté.
—C'est vrai. D'un autre côté, cependant, notre deuil nous interdit toute visite pendant quatre on cinq mois encore.
La duchesse se leva, espérant peut-être couper court à cette conversation impatientante outre mesure.
—Eh!... monsieur, fit-elle, vous ai-je donc jamais demandé à sortir!...
—Jamais. Raison de plus, pour moi, de m'occuper de rendre votre intérieur agréable. Ah!... que de fois j'ai souhaité voir auprès de vous quelque personne de mérite, non une de ces folles qui n'ont la tête pleine que de plaisirs et de toilettes, mais une jeune femme sensée, de votre âge, de votre rang, une amie enfin... Mais où trouver une amie?... Les liaisons entre jeunes femmes sont pleines de périls!... Des premières amitiés dépendent souvent le bonheur d'un ménage...
Il s'embarrassait dans ses phrases, cherchait péniblement ses mots, en homme qui, ayant à exprimer une idée difficile, tourne longtemps autour.