Mais ce pas n'était point net et décidé comme celui d'un homme, qui va où il a le droit d'aller, qui rentre chez lui, par exemple. Il était timide, ce pas, indécis et comme furtif. Norbert croyait deviner l'homme qui frémit en songeant qu'il est peut être suivi, et qui hésite, qui sonde le terrain, qui à chaque enjambée regarde de tous côtés.

Était-ce donc celui qu'il était venu attendre à tout hasard?

Bientôt il distingua comme une ombre qui glissait le long de la muraille, de l'autre côté de la rue. Arrivée en face de la petite porte du jardin, l'ombre s'arrêta.

Il y eut un temps d'arrêt. Puis, il lui parut que l'ombre faisait quelques mouvements, il entendit un choc qu'il ne s'expliqua pas, et tout disparut.

Mais le bruit sec d'un pêne retombant sur sa gâche lui apprit que la porte avait été ouverte et refermée.

Un homme venait d'entrer, l'incertitude n'était pas possible, et cependant Norbert voulait douter encore.

Il est de ces faits si inouïs, si invraisemblables, qu'on ne peut se résoudre à les accepter, qu'ils ne peuvent entrer dans l'esprit, qu'on accuserait presque ses sens d'erreur.

Si c'était un voleur?... pensait-il. Mais un voleur aurait des complices.

Pourquoi cet homme ne viendrait-il pas pour quelque femme de chambre?... Mais tous les gens étaient absents, tous...

Cependant, il ne perdait pas de vue les fenêtres de la chambre de sa femme.