—Jamais! s'écria-t-il enfin, jamais je n'accepterai de conditions pareilles.

—Prenez garde alors, fit Norbert, j'userai de mes droits!

Et relevant son revolver, il ajouta:

—Dans quatre minutes, onze heures sonneront à cette pendule... si au premier coup vous n'avez pas accepté.... je fais feu!...

Pas un muscle du visage de Croisenois ne bougea.

Le quadruple canon du revolver était à moins d'un pied de sa poitrine, le doigt d'un ennemi mortellement offensé s'appuyait sur la détente; mais ce danger, après tant d'émotions, le laissait absolument insensible.

Ce qu'il comprenait, c'est qu'il avait quatre minutes devant lui, un siècle, en un moment pareil! pour se reconnaître, pour réfléchir, pour délibérer.

Tant d'événements depuis une demie heure se succédaient, se pressaient, qui lui semblaient impossibles, incohérents, absurdes, qu'il n'était pas bien sûr de n'être point le jouet d'un cauchemar odieux, et qu'il sentait vaciller sa raison.

—Monsieur le marquis, prononça Norbert, vous n'avez plus que deux minutes.

Croisenois tressaillit. Son âme était à mille lieues de la situation présente. Vite, ses yeux cherchèrent les aiguilles de cette pendule qui battait les secondes qui lui restaient à vivre, s'il n'acceptait pas.