III

Il était beau, il était frais, il était distingué.

Ah! M. Krugenstern avait bien fait les choses, mais Caldas l'avait bien secondé.

Il avait des bottines vernies avancées sur son compte de rédaction par le rédacteur en chef du Bilboquet; il avait un chapeau de soie presque tout neuf, résultat intelligent du libre-échange: toute sa vieille défroque y avait passé.

Même il avait des gants violet-tendre; mais ces gants lui coûtaient cher. Pour eux il avait vendu à un Porcher du Gros-Caillou ses droits d'auteur sur son quart de vaudeville.

O France! reine du monde civilisé! salue à son aurore un de tes maîtres futurs!

—Monsieur, dit-il en s'inclinant devant un homme en livrée marron-clair, j'ai reçu la lettre que voici…

L'homme en livrée lisait au coin du poêle un article de M. Dréolle.

A cette voix qui troublait ses délassements intellectuels, il releva la tête; son regard, sous ses lunettes, remonta rapidement jusqu'à la boutonnière supérieure du beau pardessus de M. Krugenstern, et comme il n'y vit pas le plus petit bout de ruban, sans se donner la peine de dévisager son interlocuteur, il se replongea dans sa lecture avec un flegme imperturbable.

—Monsieur, recommença Caldas…