Il cherche des relations et recrute des protecteurs.

Il y en a qui ne vont au bal que pour être invités ensuite à dîner.

Dans tous les cas, l'employé qui va dans le monde est cher à la maîtresse de maison: c'est le danseur dont les jambes sont infatigables; une fois monté, il va toujours, pourvu qu'entre chaque danse il ait le temps d'avaler un rafraîchissement. C'est l'homme précieux et dévoué; il fait valser des dames qui pèsent deux cents, et polke avec les jeunes demoiselles de six ans.

Il est le cavalier servant des dames en turban qui font tapisserie, et on lui donne, lorsqu'il entre, la liste des quadrilles qu'il devra faire danser.

Le rêve de tous ces danseurs diplomates serait d'être invités aux bals officiels, aux bals surtout que donne le ministre de l'Équilibre. Mais les invitations passent bien au-dessus de leur tête.

On en cite un cependant, simple commis, qui s'avisa l'an passé d'un stratagème qui lui ouvrit l'Eldorado de ses rêves. Cet homme intrépide avait d'avance revêtu son costume de bal; il réussit, à la sortie des bureaux, à se glisser dans le corps de logis occupé par le ministre.

Là il s'enferma dans un de ces réduits où d'ordinaire on reste le moins longtemps possible. Il y resta, lui, de quatre heures à dix heures du soir.

A ce moment les salons étaient pleins, et il aurait passé inaperçu sans les émanations subtiles et exotiques qu'il traînait après lui.

Chacun se demandait d'où venait cet homme, plus parfumé qu'un couplet de M. Clairville.

Un employé supérieur, présent à la fête, éventa ce mystère.