—Tiens, c'est le nouveau, dit le monsieur aux pincettes.
—Vous arrivez à propos, dit le monsieur sur l'échelle, nous sommes accablés de besogne.
—Voici votre place, ajouta le monsieur au bouclier, en lui montrant une table non occupée.
Et, profitant d'un moment d'inattention du monsieur aux pincettes, il lui asséna sur les reins un coup de règle plate à assommer un boeuf.
La petite guerre recommença, sans qu'on fit davantage attention au nouveau, qui s'assit piteusement à sa place.
La victoire ne tarda pas à se déclarer en faveur du monsieur à l'échelle et du monsieur aux pincettes. Forcé dans ses derniers retranchements, l'homme au pupitre lâcha pied et courut se réfugier derrière Caldas pour éviter la bagarre. Le nouveau se leva brusquement; sa chaise roula à trois pas, et, du coup, il fut atteint par les pincettes.
Ma foi, la moutarde lui monta au nez; il saisit un plumeau et se rangea du côté de l'homme au pupitre, qui, grimpé sur une table, se défendait courageusement.
Caldas tapait comme un sourd, et le vacarme redoublait.
Tout à coup la porte s'ouvrit; un quatrième monsieur entra.
C'était un petit homme sec, jaune, bilieux, à l'oeil cave. Comme on était au lundi, il était rasé de frais.