Le prix est de dix francs, non à gagner, mais à ne pas perdre.

Il est neuf heures.

Voici d'abord le bataillon des garçons de bureau. Ils sont en bourgeois; c'est dans l'intérieur seulement qu'ils revêtiront leur livrée marron-clair. Ils arrivent lentement, par petits groupes; leur extérieur trahit l'aisance; si leurs paletots ne sont pas élégants, ils sont cossus, ce qui vaut mieux. Beaucoup portent la cravate blanche, ce qui leur donne l'air de notaires; ils ont tous des parapluies. Si quelques lambeaux de leur conversation parviennent jusqu'à vous, vous y distinguerez ces mots: primes, reports, fin-courant.

Il est neuf heures et demie.

Un employé débouche de la chaussée. C'est le bon employé qui n'a pas de montre. Il arrive une demi-heure trop tôt, dans la crainte d'arriver une minute trop tard. Vous croyez peut-être qu'il va entrer et faire cadeau de son temps à l'administration? Non, il aime mieux user ses souliers à battre le pavé.

Dix heures moins un quart.

Les employés sérieux commencent à paraître à l'horizon. Ils vont plus ou moins vite, suivant l'âge et en rapport inverse du grade. Un chef de bureau ne fait pas sa lieue à l'heure. Parapluies sur toute la ligne.

Dix heures moins cinq.

L'exactitude ne consiste pas à arriver avant l'heure, mais juste à l'heure.

Voici l'employé exact. Ne pas confondre avec le précédent, qui est l'employé zélé. Ces derniers venus sont sûrs de leur montre. La veille au soir, ils ont constaté qu'elle marchait toujours d'accord avec l'horloge du ministère. Encore plus de parapluies.