C’était un meuble d’un goût exquis, comme il en sort quelquefois de chez Tahan, le travail était d’une délicatesse infinie. C’était un grand coffre ovale, en bois de rose avec des incrustations. Les poignées et les serrures d’argent avaient dû être ciselées par des fées.
Hector pensa qu’il achèterait la pareille pour mademoiselle Blandureau.
—Eh bien! qu’en dis-tu? demanda Ferdinand.
—Admirable.
—C’était mon avis. Ce qui me désole, c’est qu’elle sera bien trop petite, et alors comment faire?
Ce joli meuble paraissait à Hector d’une taille fort respectable. Mais, en regardant autour du salon, il comprit les inquiétudes de son ami.
Sans doute il avait dévalisé les dix plus somptueux magasins de Paris pour réunir toutes la merveilles qu’il voulait offrir à sa femme.
Hector admira sérieusement les cachemires et les dentelles, les coffrets, les étoffes, les bijoux, les éventails. Il évalua le tout à une somme considérable.
—Ma tante et moi avons couru quinze jours pour acheter tout cela, dit Ferdinand.
—Eh bien, elle a prêté la main à de belles folies. As-tu par hasard hérité d’un royaume, ou comptes-tu te ruiner?