Il s’enferma dans sa chambre, et lorsque Ferdinand, comme la veille, voulut entrer, il refusa énergiquement d’ouvrir, jurant qu’il dormait, et qu’il ne se lèverait pas même pour éteindre le feu s’il prenait à la maison.
Mais une douce vision le tint longtemps éveillé.
—Si mademoiselle Aurélie pouvait lui ressembler!
Le lendemain, c’était le grand jour. Longtemps encore le mariage à la mairie ne sera qu’une formalité ennuyeuse, un acte par devant un gros monsieur qu’on connaît souvent trop, et auquel l’écharpe tricolore ne prête aucune majesté.
A onze heures,—on se marie en plein soleil, en Touraine,—une douzaine de grandes voitures découvertes vinrent prendre les invités. Il faisait le plus beau temps du monde, le ciel se mettait de la fête. Jamais on ne vit noce plus gaie, plus souriante. C’était comme une de ces belles matinées qui promettent un jour radieux.
Il y avait des fleurs partout; les cochers avaient de gros bouquets à leur poitrine, avec des flots de rubans blancs; les chevaux étaient plus enguirlandés qu’un mouton de procession de la Saint-Jean. Le long des sentiers s’arrêtaient des groupes de paysans et de paysannes. Les hommes agitaient leurs chapeaux, les femmes poussaient de joyeux vivats.
Les voitures roulaient doucement sur le sable des allées, au milieu de ces beaux paysages de la Loire qui inspirent le désir de se faire laboureur, par des routes charmantes qui réduisent les promeneurs à envier le sort du facteur rural qui les parcourt tous les jours.
Après la cérémonie, sous le porche, Hector retrouva la jeune fille de la veille. Son ami passait, il l’appela.
—Quelle est, je t’en prie, lui demanda-t-il, cette délicieuse personne?
—Une de nos voisines, fit l’autre négligemment.