Toute la nuit il dansa, comme un collégien en vacances, s’essuyant le front après chaque quadrille, tendant la main à tous les plateaux.
Valses, polkas, masurkes, il ne reculait devant rien. On eût pu le prendre pour un de ces pauvres surnuméraires qui ont leur nomination dans leurs escarpins. Mademoiselle Aubanel ne put s’empêcher de lui faire compliment. Il ne l’entendit pas. Un reste de prudence murmurait à son oreille:
—Tu peux au plus l’inviter une fois sur cinq.
Et il invitait toutes les femmes, jeunes, laides, vieilles, jolies, et pour toutes, il avait des attentions charmantes, des phrases spirituellement flatteuses.
De sa vie il n’avait été aussi satisfait. Il se souciait bien du monde vraiment, en ce moment; il jouissait pour lui; même il espérait probablement que le bal durerait toujours, jusqu’au jugement dernier, puisqu’il avait fait des invitations pour la trente-septième contredanse.
Mais voici que, tout à coup, sur les trois heures du matin, on n’aperçut plus la mariée. La mariée avait disparu.—Qu’est devenue la mariée?
Ce fut le signal de la retraite, qui bientôt se changea en déroute, malgré les efforts du vieux cousin, qui essayait d’organiser un cotillon et menaçait du garde champêtre les danseuses qui s’enfuyaient. Il invoquait à grands cris l’assistance d’Hector.
Hector venait d’offrir son bras à la charmante blonde et la reconduisait avec sa mère jusqu’à leur voiture. Le vestibule était encombré; on cherchait les châles et les manteaux.
Elle faisait une petite moue mutine.
—Comme nous partons de bonne heure, maman, disait-elle.