Madame d’Ambleçay parcourut rapidement cette lettre qui ne lui apprenait rien de nouveau, et s’adressant à sa fille:
—Eh bien! ma pauvre enfant, dit-elle d’un ton de fausse tristesse, voici que M. Wellesley t’abandonne pour une autre.
Depuis plus de quinze jours déjà mademoiselle Louise se réjouissait de cette bienheureuse trahison, elle fit cependant tous ses efforts pour paraître surprise: elle essaya même,—voyez la perfidie,—une petite moue chagrine. Mais elle était mal exercée à la dissimulation, et ses yeux brillants de joie donnaient à son air dépité un éclatant démenti.
—Et quand se marie M. Wellesley? demanda la baronne à Hector.
—Le trois du mois de mai prochain, répondit Ferdinand, grâce à ma diplomatie qui a fait hâter le mariage.
—Eh bien! reprit madame d’Ambleçay, je crois que nous pouvons faire nos préparatifs pour cette époque.
Et, prenant la main de sa fille, elle la mit dans la main d’Hector.
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M. et madame Hector Malestrat sont aujourd’hui fixés en Touraine. Ils habitent le château d’Ambleçay en attendant que soit achevée la jolie maison qu’ils font construire à une lieue de la Fresnaie.
Hector ne retourna jamais à Bordeaux, et si vous ouvrez les Petites Affiches, vous y lirez probablement: