Et il se frottait les mains.

On peut juger de son désappointement lorsque le jeune ingénieur donna sa démission, sans l’avoir consulté, sans rien lui avoir fait pressentir. Cet acte d’indépendance déplut fort au médecin; même il le considéra comme une indélicatesse: abandonner une position sûre, une carrière magnifique!

—Peste soit de l’étourdi! répétait-il du ton dont il aurait dit: Ma pauvre sœur a un mari qui fait des folies.

Cependant il cacha un peu son ressentiment. Pascal était Breton, c’est-à-dire qu’il tenait assez à ses idées. Le faire revenir sur une détermination était chose impossible. Lorilleux ne l’essaya pas. C’eût été jeter inutilement du froid sur des relations toujours si chaudement amicales. Mais il blâma énergiquement l’étourdi. La folie était faite, il fallait en tirer parti, et déjà le médecin avait en vue certaine position d’ingénieur.

—Que vas-tu faire, maintenant? demanda-t-il à Pascal, voici cinq années de perdues.

—Tu trouves, cher ami, moi qui croyais avoir mis le temps à profit.

—Mais, encore une fois, à quoi vas-tu te décider?

—Tu verras, j’ai mon projet.

—Ah! fit Lorilleux avec dépit, tu ne m’en avais pas parlé.

—C’est une surprise.