—Je m’adresserai aux tribunaux.

—Je m’en soucie peu, j’ai des arrêts qui sanctionnent mon honorable profession.

De guerre lasse, essoufflés, n’en pouvant plus, les deux adversaires s’arrêtèrent. Mais quel désordre, justes dieux! dans la toilette si bien ordonnée de M. de Saint-Roch! Les chaînes d’or battaient au hasard sa poitrine, le jabot pendait comme une loque, une des manchettes était arrachée à demi; et la belle chevelure blonde qui s’était déplacée!

Il n’avait pas cependant, cet illustre ambassadeur, perdu sa faconde si brillante; il entreprit, à force d’éloquence, de dompter le farouche M. Gerbeau.

—Vous avez parlé de tribunaux, monsieur, s’écria-t-il, mais n’aurais-je pas le droit de me plaindre moi-même de vos transports? Vous avez insulté la plus noble des professions, vous calomniez mon sacerdoce.

—Gredin! répétait M. Gerbeau entre ses dents.

—D’autres aussi ont essayé de me ternir aux yeux de mes contemporains et de la postérité: j’en ai obtenu justice. Connaissez-vous les arrêts en ma faveur?

—Je m’en moque.

—Avez-vous lu la plaidoirie de mes avocats?

—Je m’en soucie!