Il interrogea le battement de leur cœur; le cœur ne battait plus.
Il tint près de leurs lèvres le verre de sa montre; le verre resta clair et brillant.
—Rien! murmura-t-il après plusieurs expériences, rien; ils sont morts. Le mâtin ne les a pas manqués. Laissons-les dans la position où ils sont jusqu'à l'arrivée de la justice et voyons le troisième.
Le troisième respirait encore.
C'était un tout jeune homme, portant l'uniforme de l'infanterie de ligne. Il était en petite tenue, sans armes, et sa grande capote grise entr'ouverte laissait voir sa poitrine nue.
On le souleva avec mille précautions, car il geignait pitoyablement à chaque mouvement, et on le plaça sur son séant, le dos appuyé contre le mur.
Alors, il ouvrit les yeux, et d'une voix éteinte demanda à boire.
On lui présenta une tasse d'eau, il la vida avec délices, puis il respira longuement et parut reprendre quelques forces.
—Où es-tu blessé? demanda Gévrol.
—À la tête, tenez, là, répondit-il en essayant de soulever un de ses bras, oh! que je souffre!...