Madame d'Arlange posa son tricot pour examiner le bijou.

—C'est pourtant vrai, dit-elle, après un moment, que ce bouton d'oreille m'a appartenu. C'est une fantaisie que j'eus, il y a quatre ans, et qui me coûta bel et bien vingt mille livres. Ah!... le sieur Doisty, qui me vendit ces diamants, dut gagner un joli denier. Mais j'ai une petite-fille à élever!... Des besoins d'argent pressants me contraignirent peu après à me défaire de cette parure, que je regrettai, et je la cédai.

—À qui?... interrogea vivement Lecoq.

—Eh!... fit la marquise choquée; qu'est-ce que cette curiosité!

—Excusez-moi, madame, c'est que je voudrais tant retrouver le propriétaire de cette jolie chose...

Madame d'Arlange regarda son jeune visiteur d'un air curieux et surpris:

—De la probité!... fit-elle. Oh! oh!... Et pas le sou, peut-être...

—Madame!...

—Bon! bon!... ce n'est pas une raison pour devenir rouge comme un coquelicot, mon garçon. J'ai cédé ces boucles à une grande dame allemande,—car la noblesse a encore quelque fortune en Autriche,—à la baronne de Watchau...

—Et où demeure cette dame, madame la marquise?...