—Peu de chose. Un homme va se présenter ici, à la minute; tu le reconnaîtras à ses vêtements noirs et à sa longue barbe; il s'agit de lui répondre ce que je vais te dire, mot pour mot. Et songe qu'une erreur, même involontaire, te mènerait loin.
—Comptez sur moi, monsieur, dit Fritz, j'ai une mémoire excellente...
La seule perspective de la prison l'avait terrifié; il parlait dans la sincérité de son âme; on pouvait tout obtenir de lui.
Lecoq profita de ces dispositions, et avec la concision et la clarté dont il avait le secret, il expliqua au garçon d'hôtel ce qu'il voulait.
Il s'exprimait d'ailleurs d'un ton à faire pénétrer sa volonté dans l'esprit le plus rebelle, aussi sûrement qu'un marteau enfonce un clou dans une planche.
Lorsqu'il eut achevé ses explications:
—Maintenant, ajouta-t-il, je veux voir et entendre!... Où puis-je me cacher?
Fritz lui montra une porte vitrée.
—Dans le cabinet noir que voici, monsieur l'agent, répondit-il. En laissant la porte entre-bâillée, vous entendrez, et vous verrez tout par le carreau.
Sans un mot, Lecoq se jeta dans le cabinet, la sonnette du portillon de l'hôtel annonçait l'entrée d'un visiteur.