Quand, rue de Jérusalem, on ne savait plus à quel saint se vouer, on disait: «Allons consulter Tirau-clair!...»
Car ce fut là un nom de guerre, un sobriquet emprunté à une phrase: «Il faut que cela se tire au clair,» qu'il avait toujours à la bouche.
Peut-être ce sobriquet l'aida-t-il à dérober le secret de ses occupations policières. Aucun de ses amis ne le soupçonna jamais.
Son existence accidentée, quand il suivait une enquêté, les étranges visites qu'il recevait, ses préoccupations constantes, il avait su faire mettre tout cela sur le compte d'une galanterie hors de saison.
Son concierge était dupe comme ses amis et ses voisins.
On jasait de ses prétendus débordements, on riait de ses nuits passées dehors, on l'appelait vieux roquentin, vieux coureur de guilledou....
Mais jamais il ne vint à l'idée de personne que Tirau-clair et Tabaret ne faisaient qu'un.
Toute cette histoire de cet excentrique bonhomme, Lecoq la repassait dans sa tête pour se donner espoir et courage, quand la gouvernante reparut, annonçant le départ du médecin.
Elle ouvrit une porte en même temps, et dit:
—Voici la chambre de monsieur, ces messieurs peuvent entrer.