Point n'était besoin de la recommandation. Jamais les facultés du jeune policier n'avaient été plus tendues.
C'est d'une voix brève, que le bonhomme lut:
ESCORVAL (Louis-Guillaume, baron d').—Administrateur et homme politique français, né à Montaignac, le 3 décembre 1769, d'une vieille famille de robe. Il achevait ses études à Paris, quand éclata la Révolution, il en embrassa la cause avec toute l'ardeur de la jeunesse. Mais, épouvanté bientôt des excès qui se commettaient au nom de la liberté, il se rangea du côté de la réaction, conseillé peut-être par Roederer, qui était un ami de sa famille.
Recommandé au premier Consul par M. de Talleyrand, il débuta dans la carrière administrative par une mission en Suisse, et tant que dura l'Empire, il fut mêlé aux plus importantes négociations.
Dévoué corps et âme à la personne de l'Empereur, il se trouva gravement compromis à la seconde Restauration.
Arrêté lors des troubles de Montaignac sous la double prévention de haute trahison et de complot à l'intérieur, il fut traduit devant une commission militaire et condamné à mort.
Mais il ne fut pas exécuté. Il dut la vie au noble dévouement et à l'héroïque énergie d'un prêtre de ses amis, l'abbé Midon, curé du petit village de Sairmeuse.
Le baron d'Escorval n'a qu'un fils, entré fort jeune dans la magistrature...
Grand fut le désappointement de Lecoq.
—J'entends bien, prononça-t-il, c'est la biographie du père de notre juge... Seulement, je ne vois pas ce qu'elle nous apprend.