Et à ces jugements sommaires, pas d'appel. On eût vainement insisté ou discuté. L'homme condamné n'existait plus.
Cependant, la revue des prétendants l'amusant, elle ne cessait d'encourager son père à des présentations, et le pauvre homme battait le pays avec un acharnement qui lui eût valu des quolibets s'il eût été moins riche.
Il désespérait presque, quand la fortune ramena à Sairmeuse le duc et son fils. Ayant vu Martial, il eut le pressentiment de la libération prochaine.
—Celui-là sera mon gendre, pensa-t-il.
Le marquis professait ce principe qu'il faut battre le fer pendant qu'il est chaud. Aussi, dès le lendemain, laissait-il entrevoir ses vues au duc de Sairmeuse.
L'ouverture venait à propos.
Arrivant avec l'idée de se créer à Sairmeuse une petite souveraineté, le duc ne pouvait qu'être ravi de s'allier à la maison la plus ancienne et la plus riche du pays après la sienne.
La conférence de ces deux vieux gentilshommes fut courte.
—Martial, mon fils, dit le duc, a de son chef cent mille écus de rentes...
—J'irai, pour ma fille, jusqu'à... oui, jusqu'à quinze cent mille francs, prononça le marquis.